Au fur et à mesure que le phénomène FEMEN prend de l'ampleur dans les médias, les critiques abondent. On a ainsi pu lire celle d'Ovidie, de Mona Chollet ou des Les Tumltueuses.

La principale critique repose dans l'utilisation de la nudité comme moyen d'action. L'impudicité des FEMEN serait pornographique, elle serait misogyne et même ne fait « que renforcer les complexes en imposant un modèle plastique de féminité » (sic). On devrait peut-être cacher « La Liberté guidant le peuple » d'Eugène Delacroix - ou même continuer de taguer dessus - et puis aussi mettre une amende pour sexisme aux filles sur la plage qui bronzent sans haut. J'invite certains détracteurs à réfléchir à la différence entre nudité et sexualité. Les seins nus des FEMEN, ce n'est ni plus ni moins d'une technique marketing qui fonctionne : sans cette nudité, personne ne se serait intéressé à ce petit groupe. Si il y a d'ailleurs un domaine dans lequel elles excellent, il s'agit de l'aspect commercial du mouvement : alors qu'elles sont une poignée, elles ont attiré l'attention médiatique sur elles et sont très bien financées (grâce aux dons et à la vente de produit dérivés). Et ce n'est pas non plus une technique nouvelle : PETA le fait depuis plusieurs années, Act Up aussi dans un autre genre.

Une seconde critique qu'on retrouve souvent concerne leur athéïsme et leur prise de position pour l'émancipation des femmes musulmanes et contre la burqa. Et là, chez beaucoup de féministes, c'est un tollé. On voyait pour la journée de la femme sur France 2 (Ce soir ou jamais), Maboula Soumahoro et Stella Magliani-Belkacem soutenir le voile et la burqa dans l'espace publique (école, crèches) au nom de la lutte contre l'exclusion. Des féministes qui soutiennent les imams, il fallait oser.

Une troisième critique que l'on retrouve souvent et de mettre en avant des jolies filles, selon la volonté des fondatrices « Nos filles doivent être [...] belles pour utiliser leur corps à bon escient. Pour résumer, Femen incarne l’image d’une femme nouvelle : belle, active et totalement libre. ». Je lis de part et d'autre chez leurs détractrices que cela contribuerait à « impos[er] un modèle plastique de féminité ». Bof. D'une part la lutte contre les stéréotypes physiques est à mon avis un autre combat que le féminisme, d'autre part, si on regarde les photos des dernières actions des Femen à Paris (au Trocadéro, au Louvre), on voit clairement des femmes qui ne correspondent pas aux critères de la pin-up. Évidemment, sur certaines photos, seules les filles les plus jolies et les plus jeunes ont été conservées, mais il s'agit là de la faute du photographe ou du diffuseur de la photo, pas des FEMEN.

Enfin viennent les critiques sur le fond de leur pensée. Il est vrai que les FEMEN ajoutent au féminisme d'autres idées sans rapport immédiat, comme le marxisme ou la lutte contre les religions. Et surtout, leurs différentes actions ne sont pas toujours bien lisibles. Leur implantation en France pose problème, car elles essaient de transposer leur vision ukrainienne en France, ce qui est l'erreur de tout étranger fraîchement débarqué (leur leader en France Inna Shevchenko ne parlant pas le français, ça n'aide pas à l'intégration). Elles luttent contre la dictature dans une démocratie, se battent contre l'emprise de la religion dans un pays laïc , elles luttent contre la prostitution et le tourisme sexuel et fustigent le patriarcat : si cela pourri le climat en Ukraine, ce sont des sujets mineurs au pays du foie gras.

Soyons cependant un peu tolérants. Oui, leur ligne politique et leurs actions sont brouillones, mais ce n'est pas bien méchant. De plus, les FEMEN sont jeunes, elles ont du temps pour progresser. C'est à se demander s'il n'y a pas de la jalousie de la part les vieilles féministes qui n'attirent plus l'attention des médias à cause de leur discours sur l'inégalité des salaires (qui compare tout et n'importe quoi), sur le nombre de viol par jour (qui extrapole en multipliant par 100 les chiffres officiels), leur victimisation permanente et leur demande de quotas. Ni l'action ni les messages des FEMEN ne donnent envie de se pamer, mais ce n'est peut-être pas le mouvement féministe le plus ridicule.

PS : pour ceux qui n'auraient pas compris le titre de l'article, il s'agit d'un clin d'œil à Jean-Luc Lahaye.