Sommaire

Affaires étrangères et défense

Hollande continue les grandes lignes de politique internationale de Sarkozy. Soutien aveugle et zélé aux États-Unis d'Amériques - des illustrations en sont la non-condamnation du programme de surveillance PRISM le refus de donner l'asile politique à Edward Snowden et le blocus aérien contre Evo Morales en 2013 -, relations privilégiées avec le Qatar, dégradation des relations franco-allemandes - cela est probablement à imputer en grande partie à Angela Merkel qui veut gouverner l'Europe seule.

Dès le début du mandat, commence comme promis le retrait des troupes françaises d'Afghanistan. C'est une très bonne chose, l'Afghanistan étant un bourbier dans lequel on ne voyait pas l'intérêt d'une présence française, mais il ne s'agira finalement que du retrait des troupes combattantes (2000 hommes sur 3400).

Malgré une politique plutôt pro-israélienne, la France a courageusement voté en 2012 pour que les Nations unies accordent à la Palestine le statut d'État non membre observateur (Résolution 67/19 de l'Assemblée générale des Nations unies), ce qui reconnait explicitement son territoire. Ce vote avait donné lieu à 41 abstentions (dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas) et 9 voix contre (dont les États-Unis d'Amérique, le Canada et la République tchèque). Devant la Knesset, en novembre 2013, François Hollande a plaidé pour un arrêt de la colonisation des Territoires occupés en Palestine.

La France n'a pas renoncé à la Françafrique mais elle s'est engagée dans deux guerres sans doute pour la bonne cause : au Mali, contre les islamistes et en Centrafrique, contre le conflit inter-communautaire. Les pays européens ont largement approuvé ces interventions mais n'ont pas souhaité y prendre part. D'autre part, la France a diminué ses aides aux pays en voie de développement. Ces deux éléments sont l'exact opposé des promesses de François Hollande lors de sa candidature à la présidentielle.

Dans la continuité de la politique conduite par Alain Juppé, la France a menacé d'intervenir en Syrie mais n'a rien fait. Fin août 2013, Hollande menace d'une intervention militaire punitive en Syrie avec les Américains sans passer par un accord de l'ONU, suite à l'utilisation d'armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad. Problème : au dernier moment, Barack Obama se rebiffe et décide de finalement solliciter son Congrès sur la question. Obama n'ayant pas daigné prévenir son partenaire français (alors même les Britanniques et le Canada se déclarent hostiles à cette guerre) de ce revirement, la France se retrouve seule au front... et doit manger son chapeau. Cette intervention n'était de toutes façons pas très logique, la France luttant contre les islamistes au Mali, ce n'était pas pour soutenir les islamistes contre le régime en Syrie... En définitive, sur la guerre civile Syrie comme la crise en Ukraine, la politique de la France est brouillonne, enchainant les menaces mais ne faisant rien, suivant des Américains indécis qui n'intègrent jamais les Français dans leurs négociations.