Sommaire

Introduction

Cela fait maintenant deux ans que Nicolas Sarkozy est président de la République française. Pendant ces deux années, en France, le cas Sarkozy a provoqué de vifs débats entre ses partisans et ses opposants. Nous allons tenter de résumer, de manière simple, l'action de Sarkozy, en se basant sur des faits et en citant de nombreuses sources.

Après avoir rapidement présenté l'individu, nous desserons le bilan de son action politique, ministère par ministère : il faut bien noter qu'il s'agit bien de son action, car, à la différence de ces prédecesseurs, il agit de façon nettement autocratique (on le qualifie souvent « d'omniprésident ») : c'est lui qui dicte les lignes à suivre, reléguant son premier ministre (qui est pourtant censé être le chef du gouvernement, selon la Constitution) à un rôle de pantin et ses ministres en simples exécutants. Son côté autocratique est renforcé par ses relations affichées avec la plupart des grands patrons français et son contrôle de la presse : la plupart des grands médias sont détenus par ses amis [00].

Personnalité de Nicolas Sarkozy

La première chose à noter sur Nicolas Sarkozy, c'est son charisme et son dynamisme. C'est une des caractéristiques qui fait qu'il est un personnage populaire. Il est hyperactif, est sur tout les dossiers : un enfant se fait mordre par un chien, il promet une loi sur les chiens; des jeunes brûlent des voitures au nouvel an, il propose une loi [01]; une usine ferme, il fait un discours etc. Il est presque tous les jours à la télévision pour vanter son action (les quatre premiers mois suivant son élection, il est passé 224 fois à la télévision [02], et est déjà passé autant de fois que la somme des interventions de ses prédécesseurs), ce qui lui donne une image volontariste pour les moins informés, mais lui confère aussi une image de démagogue, les annonces de ce genre n'étant pas toujours suivies d'action. Il prône aussi les réformes, qui, selon lui, sont indispensables à la France pour évoluer. Réformes, qui, nous allons le voir, sont souvent réactionnaires et avantagent les plus riches.

Enfin, Nicolas Sarkozy a deux très gros défaut. Tout d'abord c'est un frimeur, qui aime parader dans des yatchs de luxe et montrer sa montre rolex à tout le monde, qui est sans cesse satisfait de lui-même. Et en toutes circonstances, il est prétentieux : il n'a ainsi pas hésité à demander un escabeau pour être au même niveau que Barack Obama lors des commémorations du 6 juin dernier en Normandie [03]. Et surtout, il a comportement et un parler familier voire vulgaire, ce qui est assez rare à la tête de l'Etat. Il est ainsi capable de déclarer des phrases étonnantes lors de discours telles que « Si y en a que ça les démange d’augmenter les impôts… » [04]. D'insulter un visiteur du Salon de l'Agriculture qui refusait de lui serrer la main avec un « casse-toi, alors, pauvre con » [05]. Le tableau serait incomplet si on ne mentionnait pas le peu de considération du Président à l'égard de la culture et des arts, qui sont pour lui des mondes inconnus. L'exemple le plus marquant est d'avoir qualifié à plusieurs reprises de « sadique ou un imbécile » le fonctionnaire qui avait inscrit le roman « La Princesse de Clèves » dans le programme du concours d'attaché d'administration [06].

On voit donc que l'homme Nicolas Sarkozy se situe quelque part entre Napoléon (pour la mégalomanie et l'autocratie), Poutine (pour l'autocratie et le contrôle des médias) et Berlusconi (pour la démagogie, la frime et les médias). Mais que l'homme soit peu fréquentable, ce n'est pas nécessairement important. Laissons-donc de côté le politicien et intéressons-nous de près à son bilan politique.

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Sources